Le grand manuel des méthodes de démonstration
Devant un énoncé jamais vu, comment sait-on par quel bout commencer — et pourquoi les bons étudiants semblent-ils le savoir immédiatement ?
Les Grecs disposaient déjà de trois de ces méthodes : l'absurde chez Euclide (infinité des nombres premiers), la descente infinie chez les Pythagoriciens (incommensurabilité de la diagonale du carré), l'analyse-synthèse chez Pappus d'Alexandrie. Descartes en fait la méthode universelle du Discours de la méthode (1637), et Pascal ajoute la récurrence en 1654 dans son Traité du triangle arithmétique. Le catalogue n'a pratiquement pas changé depuis : ce que l'université ajoute, ce sont les objets, pas les stratégies.
Pourquoi accepter la preuve par l'absurde ? Parce qu'on admet le tiers exclu : est vrai, il n'y a pas de troisième possibilité. Si conduit à une contradiction, alors est faux, donc est vrai. Ce choix n'est pas anodin : la logique intuitionniste le refuse, précisément parce qu'une telle preuve démontre l'existence d'un objet sans jamais le produire. Toute la Licence se place dans la logique classique, mais l'étudiant doit savoir que c'est un choix.
Images Mentales & Modèles d'Intuition (3)
Une trousse à outils. On ne choisit pas un tournevis parce qu'on l'aime : on le choisit parce que la vis a une fente. La forme de l'énoncé est la tête de la vis.
Ce qu'elle capture :
Certains énoncés acceptent plusieurs outils, et pour quelques-uns aucun outil standard ne fonctionne : il faut alors inventer un lemme intermédiaire. Aucune trousse ne remplace cette invention, qui est le vrai travail du mathématicien.
L'analyse-synthèse comme enquête policière. L'analyse suppose le coupable identifié et en déduit son signalement obligatoire : taille, chaussures, alibi. La synthèse confronte le suspect au signalement.
Ce qu'elle capture :
Une enquête réelle peut se contenter d'un faisceau d'indices. Une démonstration, jamais : sans la synthèse, on garde des solutions fantômes, comme la racine de .
La récurrence comme file de dominos. On fait tomber le premier, et l'on garantit que chaque domino renverse le suivant.
Ce qu'elle capture :
L'image n'explique pas la récurrence FORTE, où le domino ne tombe que sous le poids conjugué de tous les précédents. Or c'est précisément la version dont on a besoin en arithmétique.
Les Pièges Conceptuels Classiques
Correction :
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Glossaire des Notations Mathématiques
CQFD
fin de démonstration ; ne s'écrit qu'après vérification de TOUS les cas annoncés
hypothèse de récurrence au rang n
la propriété supposée vraie, à citer explicitement au moment où on l'utilise