Équations différentielles linéaires du premier et du second ordre
Pourquoi les lois de la physique s'énoncent-elles toujours comme des relations entre une grandeur et ses variations, et comment une telle relation peut-elle déterminer entièrement l'avenir d'un système ?
Newton pose en 1687 le problème sous sa forme moderne : la deuxième loi du mouvement est une équation différentielle du second ordre. Pendant un siècle, on résout au cas par cas. Lagrange invente la variation des constantes en 1774, non pour les besoins de l'analyse, mais pour calculer les perturbations des orbites planétaires : les constantes d'intégration du problème à deux corps devenaient lentement variables sous l'effet des autres planètes. La méthode est donc née d'un problème d'astronomie, et son nom en garde la trace.
Pourquoi insister sur la LINÉARITÉ ? Parce que c'est elle, et elle seule, qui donne la structure : l'ensemble des solutions de l'équation homogène est un espace vectoriel, et l'ensemble complet est un sous-espace affine. Sans linéarité, aucune structure, aucun principe de superposition, et la résolution redevient un art. C'est pourquoi la physique linéarise systématiquement : le pendule à petites oscillations est linéaire, le pendule complet ne l'est pas et devient chaotique.
Images Mentales & Modèles d'Intuition (3)
L'ensemble des solutions est un plan affine : une solution particulière donne le point d'ancrage, l'espace des solutions homogènes donne la direction.
Ce qu'elle capture :
L'image suppose la linéarité. Pour une équation non linéaire, l'ensemble des solutions n'a aucune structure : la somme de deux solutions n'en est pas une, et l'on perd toute possibilité de superposition.
La condition initiale est une adresse : l'équation dit comment on se déplace, la condition initiale dit d'où l'on part. Ensemble, elles déterminent un unique trajet.
Ce qu'elle capture :
L'image suppose que le champ de directions est régulier partout. Aux points singuliers, où le coefficient devant la dérivée s'annule, plusieurs trajectoires peuvent partir du même point, ou aucune. L'équation en est l'exemple canonique.
La variation de la constante consiste à laisser respirer une constante : on prend la solution homogène et l'on autorise sa constante à devenir une fonction du temps.
Ce qu'elle capture :
L'image ne dit pas POURQUOI cela fonctionne. La raison est structurelle : on cherche la solution dans une base de l'espace homogène, en remplaçant les coordonnées constantes par des fonctions. C'est un changement de base, pas une astuce.
Les Pièges Conceptuels Classiques
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Glossaire des Notations Mathématiques
espace des solutions homogènes
espace VECTORIEL, de dimension $1$ à l'ordre $1$ et $2$ à l'ordre $2$
solution particulière
n'importe laquelle convient : le point d'ancrage du sous-espace affine
primitive de a
toute primitive convient, la constante étant absorbée par la constante d'intégration