Statistique inférentielle : estimation, intervalles de confiance et tests
Comment affirmer quelque chose sur une population entière à partir de mille personnes seulement — et que signifie exactement la confiance de quatre-vingt-quinze pour cent qu'on annonce alors ?
Gauss et Legendre développent les moindres carrés vers 1805 pour l'astronomie, premiers estimateurs de l'histoire. Fisher fonde la théorie moderne dans les années 1920 : vraisemblance, information, exhaustivité. Neyman et Pearson formalisent en 1933 la théorie des tests avec les deux espèces d'erreur, et Neyman introduit en 1937 les intervalles de confiance. Le désaccord entre Fisher d'une part, Neyman et Pearson d'autre part, sur l'interprétation même des tests, n'a jamais été entièrement résolu — et il resurgit aujourd'hui dans la crise de la reproductibilité.
Pourquoi définir un intervalle de confiance comme un intervalle ALÉATOIRE contenant le paramètre avec probabilité , plutôt que comme un intervalle contenant le paramètre à de chances ? Parce que le paramètre est FIXE : il n'est pas aléatoire, et une fois l'intervalle calculé, il le contient ou ne le contient pas — sans probabilité intermédiaire. C'est la PROCÉDURE qui a de chances de produire un intervalle correct. Cette distinction, apparemment byzantine, est la source de la quasi-totalité des mésinterprétations statistiques.
Images Mentales & Modèles d'Intuition (3)
Un estimateur est un instrument de mesure : il peut être juste — sans biais — ou précis — de faible variance, et ces deux qualités sont distinctes.
Ce qu'elle capture :
L'image suggère qu'il faut toujours préférer un estimateur sans biais. Faux : un léger biais réduisant fortement la variance peut donner un risque plus faible. C'est le principe des estimateurs régularisés, omniprésents en apprentissage statistique.
Un intervalle de confiance est un filet lancé sur une cible immobile : le filet bouge d'un lancer à l'autre, la cible non.
Ce qu'elle capture :
L'image ne dit pas qu'on ignore, pour un intervalle particulier, s'il a réussi. C'est précisément ce qui rend l'interprétation fréquentiste inconfortable, et ce qui motive l'approche bayésienne, où l'on peut parler de la probabilité du paramètre.
Un test d'hypothèses est un procès : l'hypothèse nulle est présumée vraie, et il faut des preuves solides pour la rejeter.
Ce qu'elle capture :
L'image suggère qu'un acquittement prouve l'innocence. Faux : ne pas rejeter l'hypothèse nulle ne la démontre PAS, cela signifie seulement que les données ne suffisent pas à la rejeter. Confondre les deux est l'erreur la plus répandue en pratique.
Les Pièges Conceptuels Classiques
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Glossaire des Notations Mathématiques
estimateur de theta
VARIABLE ALÉATOIRE, non un nombre : elle a une loi, un biais, une variance
risque de première espèce
probabilité de rejeter $H_0$ alors qu'elle est vraie ; fixé À L'AVANCE
p-valeur
$P(\text{données extrêmes}\mid H_0)$, JAMAIS $P(H_0\mid\text{données})$