Développements limités, formules de Taylor et équivalents
La dérivée remplace une fonction par une droite. Que gagne-t-on à la remplacer par une parabole, puis par un polynôme de degré — et jusqu'où peut-on pousser avant que l'approximation cesse d'être fiable ?
Brook Taylor publie sa formule en 1715, sans aucune considération de convergence ni de reste : pour lui comme pour ses contemporains, une fonction EST sa série. Le XVIII siècle calcule ainsi avec un succès considérable et sans justification. La crise éclate quand Cauchy exhibe en 1823 la fonction valant prolongée par : toutes ses dérivées sont nulles en , sa série de Taylor est identiquement nulle, et pourtant la fonction ne l'est pas. La série de Taylor converge parfaitement, vers une autre fonction. Il devient alors indispensable de contrôler le RESTE, et non plus seulement les coefficients.
Pourquoi écrire le reste sous la forme plutôt que de donner sa valeur exacte ? Parce qu'il existe trois formules de Taylor, correspondant à trois besoins distincts. Taylor-Young donne un reste qualitatif, suffisant pour calculer une limite, et n'exige que la dérivabilité à l'ordre en un seul point. Taylor-Lagrange donne un reste explicite mais en un point inconnu, ce qui permet de MAJORER l'erreur. Taylor avec reste intégral donne le reste exact, ce qui permet de le manipuler. Choisir la bonne version est la moitié du travail.
Images Mentales & Modèles d'Intuition (3)
Un développement limité est une série de photographies de plus en plus nettes : l'ordre voit un point, l'ordre voit une pente, l'ordre voit une courbure, et ainsi de suite.
Ce qu'elle capture :
L'image suggère que la netteté croît indéfiniment jusqu'à reproduire la fonction. C'est faux : la fonction de Cauchy possède des photographies parfaitement nettes à tout ordre, toutes identiquement nulles, et pourtant elle n'est pas nulle. La résolution n'est LOCALE qu'au voisinage du point, et ne dit rien ailleurs.
Le symbole est une poubelle à ordures étiquetée : on y jette tout ce qui est négligeable devant , sans jamais avoir à le regarder.
Ce qu'elle capture :
L'image fait oublier que n'est pas UN objet mais une CLASSE : deux occurrences du symbole dans un même calcul désignent des fonctions différentes. Écrire est donc une faute grave, alors que est correct.
Les équivalents sont une loupe qui ne garde que le terme dominant : c'est un DL à l'ordre le plus bas non nul.
Ce qu'elle capture :
L'image explique aussi pourquoi ils ne s'ADDITIONNENT pas : si les termes dominants s'annulent mutuellement, la loupe ne voit plus rien et le résultat est faux. C'est l'erreur la plus fréquente de toute la L1, et le développement limité est le seul remède.
Les Pièges Conceptuels Classiques
Correction :
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Glossaire des Notations Mathématiques
petit o de x puissance n
désigne une CLASSE de fonctions, non une fonction : deux occurrences dans un même calcul sont des objets différents
est équivalent à
se multiplie, se divise, s'élève à une puissance ; ne s'additionne JAMAIS et ne se compose pas
polynôme de Taylor d'ordre n
unique polynôme de degré au plus $n$ approchant $f$ à l'ordre $n$