Statistique descriptive
Pourquoi la moyenne et la médiane, qui prétendent toutes deux résumer une série par un nombre central, peuvent-elles différer radicalement — et laquelle faut-il croire ?
La statistique naît de l'astronomie et de l'État. Les astronomes du XVIII siècle cherchent à combiner des observations discordantes : Legendre publie la méthode des moindres carrés en 1805, Gauss affirme l'utiliser depuis 1795 pour calculer l'orbite de Cérès. Quetelet introduit vers 1835 l'homme moyen et applique la statistique aux populations humaines. Galton découvre en 1886 la régression vers la moyenne en étudiant la taille des enfants comparée à celle de leurs parents ; Pearson formalise le coefficient de corrélation en 1896. Le mot « régression » garde la trace de cette découverte : ce n'est pas un terme mathématique, c'est un constat biologique.
Pourquoi diviser par dans la variance, et pourquoi élever au carré plutôt que prendre la valeur absolue ? Le carré rend la fonction DÉRIVABLE, ce qui permet de minimiser par annulation de la dérivée et donne des formules explicites. Il fait aussi apparaître une structure euclidienne : la variance est un carré de norme, la covariance un produit scalaire. La valeur absolue donnerait la médiane, plus robuste mais sans formule fermée. Deux choix, deux mondes — et le carré a gagné parce qu'il calcule, non parce qu'il décrit mieux.
Images Mentales & Modèles d'Intuition (3)
La moyenne est le point d'équilibre d'une balance où chaque donnée est un poids ; la médiane est le point qui coupe l'effectif en deux moitiés.
Ce qu'elle capture :
L'image suggère que la médiane est toujours préférable. Elle ignore l'information portée par l'amplitude des écarts : sur des données symétriques sans valeur aberrante, la moyenne utilise toute l'information quand la médiane en jette l'essentiel.
La variance est la moyenne des carrés des écarts au centre : c'est un moment d'inertie, au sens exact de la mécanique.
Ce qu'elle capture :
L'image ne dit pas que la variance est en unités CARRÉES : une variance de tailles s'exprime en centimètres carrés, grandeur sans interprétation directe. C'est pourquoi on lui préfère l'écart-type, homogène aux données.
Le coefficient de corrélation est le cosinus de l'angle entre deux nuages centrés : il vaut quand ils sont alignés, quand ils sont perpendiculaires.
Ce qu'elle capture :
L'image ne mesure QUE l'alignement. Un nuage parfaitement déterministe mais courbe — une parabole symétrique — a une corrélation nulle. Corrélation nulle ne signifie donc jamais absence de lien, seulement absence de lien LINÉAIRE.
Les Pièges Conceptuels Classiques
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Glossaire des Notations Mathématiques
moyenne de x
minimise la somme des carrés des écarts ; sensible aux valeurs extrêmes
écart-type
racine de la variance ; HOMOGÈNE aux données, contrairement à la variance
coefficient de corrélation
cosinus de l'angle entre les séries centrées ; mesure le lien LINÉAIRE seulement